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Automotives Cells Co en mode communication dans le Pas-de-Calais

Pas-de-Calais, terre industrielle

Le passé industriel du Pas-de-Calais est important et encore très présent. Il y a les mines de charbon, mais aussi des usines manufacturières et pétrochimiques. Des industries qui étaient très demandées il y a 20 ans, et qui constituaient la fierté souverainiste des économistes français.

Aujourd’hui, en 2020, les mines ont fermés, la logistique a pris une grande place dans l’activité de la région et la manufacture évolue. Dans le Parc des Industries Artois-Flandres, entre Douvrin et Billy-Berclau, l’usine de La Française de Mécanique, propriété de PSA, pourrait devenir dans 2 ans, Automotive Cells Co.

Le 10 mars 2020 à Billy-Berclau, c’était donc la première occasion pour les riverains d’en savoir plus sur l’installation de cette future usine. Le principal actionnaire est PSA-Opel & SAFT*, mais exit les moteurs thermiques. ACC, entreprise crée en septembre 2020, a l’ambition de devenir le leader européen de la batterie pour voiture électrique.

Directeur Général de cette start-up : Yann Vincent, ancien directeur de l’usine Renault-Douai pendant 6 ans, directeur industriel chez Alstom puis PSA. Bref, un col blanc expérimenté, qui poursuit les ambitions sur le marché électrique du groupe Peugeot.

La première heure de cette concertation a évidemment eu droit à la bénédiction de Steeve Bossart, maire de Billy-Berclau, André Kuchcinski, le président du Syndicat Intercommunal de la Zone Industriel ArtoisFlandres et même la sous-préfète de Béthune, Chantal Ambroise.

La sous-préfète a insisté sur l’enjeu de ce projet qui rentre dans la mission France Relance, que Bruno Le Maire essaye tant bien que mal de mener. “C’est un équipement d’intérêt national.”, avant d’ajouter, “Ce projet est important pour le pays. Il permettra d’asseoir notre souveraineté économique”.

Malgré l’insistance des porteurs de cette construction pour vendre leur investissement, ces concertations sont menées par la Commission Nationale du Débat Public.

Etienne Ballan, sociologue urbain est l’un des garants de cette concertation. Il a mis en avant les valeurs de transparence et de neutralité du CNDP. “Rien n’est encore fait, ce projet est encore à l’étude. C’est pour cela que cette concertation a lieu. C’est pour éviter que des décisions irrémédiable soient prises.”

Après environ 1h de présentations, les premières questions se sont posées. La certification SEVESO seuil “Bas” a fait tiquer certains. L’usine utilise des produits chimiques mais aussi d’autres matériaux plus contraignant : le cuivre, le nickel, le cobalt, le graphite et le lithium.

Jean-Baptiste Pernot, directeur des Opérations et ancien vice-président de SAFT*, assure que la sécurité “est et sera pleinement encadrée”.

Benoit B., simple habitant de Billy-Berclau, accueille le projet avec entrain, mais nuance. “Il faut aussi ne pas oublier le passé de la commune. J’aimerai qu’on puisse préserver notre emploi et notre environnement.”


Le passé de la commune, c’est évidemment l’accident du 27 mars 2003, à Nitrochimie, qui a causé la mort de 4 de ses employés. Fabricant français d’explosif, l’usine était classée SEVESO seuil “haut” – comme AZF. Au bord de la Deûle, Nitrochimie n’est plus qu’une friche de 65 ha.

Rien n’est encore fait, et pourtant dans la bouche de Yann Vincent, il n’y a plus qu’à se mettre en marche. “Nous avons un très bel avenir tant que nous sommes performant”. “Performance” et “souveraineté” ont été les mots de cette journée. Du côté des contribuables, les emplois sont au centre de l’attention. La Française de Mécanique pourrait voir ses 1300 postes supprimés, ou réévalués. Les employés recrutés devront suivre une formation, mais ACC n’affiche qu’entre 350 et 500 postes à l’ouverture en 2023. Cette région qui souffre déjà du chômage ne veut pas d’autres PSE. Les concertations vont se poursuivre jusqu’au 23 avril. Le bilan sera fait le 20, à Lens.

*SAFT : Société des Accumulateurs Fixes et de Tractions. Acronyme vieillissant (1918) qui désigne la filiale énergie électrique de Total. Spécialisé dans les batteries “spécial” (destiné à l’industrie spatiale et l’armement), la filiale désire développer ses activités pour le grand public à travers ACC.

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